

Présentée à la galerie MAM de Douala du 27 mars au 23 mai 2026, cette exposition met en dialogue des photographies inédites du Sénégalais Adama Sylla, des archives de L'Ensemble National du Cameroun au Festival mondial des Arts nègres de Dakar, 1966 et une interprétation d'artistes contemporains. Un croisement de regards qui explore le rôle de l'image dans la construction de la mémoire collective et des identités culturelles postindépendances.
La galerie MAM de Douala reçoit depuis le 27 mars 2026 l'exposition « Danser l'histoire ». Le vernissage s'est tenu en son sein au 90 rue Tobie Kuoh à Bonanjo, le jeudi 26 mars 2026. L'exposition « Danser l'histoire » est un projet artistique et documentaire qui interroge la place des archives photographiques dans la transmission de la mémoire culturelle africaine.
Commandée par Ange-Frédéric Koffi et produite par l'Institut français du Cameroun en partenariat avec la Galerie MAM et le Musée National de Yaoundé, cette exposition rassemble environ 30 000 photographies rares du sénégalais Adama Sylla, figure majeure de la photographie en Afrique de l'Ouest.
L'exposition met en lumière une sélection d'images prises entre les années 1960 et 1980, période charnière marquée par les indépendances africaines et l'émergence de politiques culturelles nationales. Parmi ces photographies, celles documentant la participation de l'Ensemble National du Cameroun au Festival mondial des Arts nègres de Dakar en 1966 occupent une place centrale. Ces clichés, longtemps restés dans l'ombre, conservés par le photographe aujourd'hui âgé de 92 ans, constituent un témoignage exceptionnel sur les échanges culturels panafricains de l'époque.
Chantal Edie et Zacharie Ngnogue invités
À Douala, les cofondateurs de The Forest Creative Loft, Chantal Edie et Zacharie Ngnogue, ont été invités à entrer en dialogue avec le travail d'Adama Sylla. En puisant dans leurs propres archives, ils dévoilent des images inédites qui prolongent et enrichissent le récit historique. Cette confrontation entre documents anciens et regards contemporains crée un espace de réflexion où passé et présent se répond, entre Dakar et Douala, entre ce qui a été fixé sur la pellicule et ce qui demeure vivant dans les mémoires.
L'exposition s'appuie également sur un travail de recherche approfondi mené au Cameroun entre juin et septembre 2025 par une équipe dirigée par Paul-Henri S. Assako Assako (Université de Yaoundé I), Ruth Colette Afane Belinga (Université d'Ebolowa) et Juste Constant Amougui. L'enquête a permis de collecter des témoignages oraux, des archives dispersées et des sources documentaires, a contribué à recontextualiser les images et à restituer la portée historique de la participation camerounaise au festival de 1966.
En articulant archives photographiques et créations contemporaines, « Danser l'histoire » propose ainsi une lecture renouvelée de l'histoire culturelle africaine. Elle affirme une méthode fondée sur le croisement des sources, le dialogue entre générations et la circulation des images comme vecteurs de connaissance.
L'exposition est ouverte au public à La Galerie MAM à Douala du lundi au vendredi, de 9h à 12h30 et de 15h30 à 18h. Un deuxième volet du projet est d'ores et déjà prévu au Musée National de Yaoundé.
Tatiana Kuessie









